Le laboratoire indépendant de la visibilité IA

Chaque semaine, l’Observatoire GEO-LAB pose les mêmes questions à sept intelligences artificielles et relève les marques qu’elles citent. Vingt-quatre secteurs, près de 15 000 réponses analysées à chaque mesure. Voici ce que produit cet Indice — et pourquoi il existe.

Mesure du 13 août 2026 · 7 moteurs · 14 952 réponses analysées


Le problème

« Quelle est la meilleure banque en ligne ? » « Quel opticien choisir ? » « Quelle assurance pour mon chien ? »

Des millions de personnes posent désormais ces questions à ChatGPT, à Gemini ou à Perplexity plutôt qu’à un moteur de recherche. Et contrairement à une page de résultats, une IA ne propose pas dix liens : elle donne une réponse. Elle cite deux, trois, parfois cinq marques — et laisse toutes les autres de côté.

Personne ne mesurait lesquelles.

Ce que fait l’Indice

L’Observatoire GEO-LAB pose chaque semaine un ensemble figé de questions à sept intelligences artificielles : ChatGPT, Gemini, Perplexity, Mistral, Google AI Overviews, Google AI Mode et Claude. Chaque question est posée quatre fois, en session neutre, dans la configuration qu’un utilisateur français rencontre par défaut.

Puis on compte : pour chaque marque, dans quelle proportion des réponses est-elle citée ?

Ce taux de citation donne un classement, secteur par secteur. Il ne mesure ni la qualité d’une entreprise, ni sa part de marché. Il mesure une seule chose : la probabilité qu’une IA la mentionne quand on lui demande conseil.

Vingt-quatre secteurs sont suivis à ce rythme, de la banque professionnelle à l’optique, en passant par l’énergie, la mutuelle santé, le crédit ou le e-commerce.

Cinq résultats de la dernière mesure

Certains marchés sont saturés par le haut. Selon la mesure du 13 août, en e-commerce, Amazon est cité dans la totalité des réponses aux questions générales — mais la Fnac (96,4 %) et Cdiscount (94,6 %) suivent de près. Toujours selon cette mesure, en banque professionnelle, Qonto et Shine sont à égalité à 98,8 %. Le phénomène se retrouve ailleurs : selon la même collecte, Wix et Shopify (création de site), SeLoger et PAP (immobilier) ainsi que HubSpot (logiciels de vente) atteignent chacun 100 % cette semaine. Sur ces marchés, la question n’est plus d’être cité — c’est d’exister pour les autres.

Les IA ne donnent pas toutes les mêmes réponses. Selon la mesure du 13 août, Gemini cite en moyenne 5,60 marques par réponse, contre 3,02 pour Google AI Overviews. Perplexity s’appuie sur 18,33 sources en moyenne, ChatGPT sur 5,29. Sur cinq secteurs — banque en ligne, banque professionnelle, création de site, CRM et RH & paie —, les sept moteurs s’accordent sur le même leader. Sur cinq autres — assurance particuliers, épargne, mutuelle santé, optique et recrutement —, aucun nom ne fait la majorité.

Les comparateurs sont lus, mais pas toujours recommandés. Selon l’analyse des sources de l’Observatoire, parmi les trente domaines les plus cités comme sources sur l’ensemble des secteurs, dix-sept sont des comparateurs, soit 52 % des citations de ce classement. Pourtant, dans les réponses elles-mêmes, ce sont presque toujours les marques qui sont mises en avant : sur les neuf secteurs où les deux coexistent, un seul voit un comparateur rivaliser avec le premier acteur. YouTube, de son côté, figure parmi les sources citées dans les vingt-quatre secteurs sans exception ; Reddit, dans sept.

Google a changé de comportement début août. Selon les trois dernières collectes hebdomadaires de l’Observatoire, le taux de déclenchement des AI Overviews — l’encart de réponse générée en haut des résultats — est passé d’une moyenne de 53,8 % (mesure du 30 juillet) à 86,2 % (mesure du 6 août) sur les vingt-quatre secteurs. Une semaine plus tard, selon la mesure du 13 août, il atteint 87,6 % en moyenne : le niveau tient. C’est exactement ce qu’un suivi hebdomadaire permet de voir — un changement daté, mesuré avant et après.

Les mêmes marques ne dominent pas partout de la même façon. Selon la mesure du 13 août, la concentration de visibilité varie fortement d’un secteur à l’autre : le taux du leader va de 24,7 % à 90,7 % selon le marché, preuve que le phénomène de saturation par une poignée de marques n’est pas uniforme.

Pourquoi un observatoire

Des outils existent déjà pour dire à une entreprise si elle est citée par les IA. Ils sont vendus à cette entreprise.

GEO-LAB fait autre chose : il mesure des marchés entiers, publie les résultats, et ne vend de position à personne. La méthode est publique, les questions sont figées avant la mesure, les dates sont réelles.

Cette indépendance a un coût : quand un chiffre ne tient pas à la vérification, il n’est pas publié. Lors du travail de fiabilisation mené sur les collectes hebdomadaires début août, deux anomalies techniques du pipeline ont été identifiées et corrigées avant la mesure du 13 août — un contrôle de significativité statistique manquant et une étape de tri non appliquée. Lors de la dernière comparaison hebdomadaire, six mouvements de marques apparemment spectaculaires ont été soumis à ce contrôle statistique. Aucun n’a survécu : quatre relevaient du bruit de mesure, un reposait sur une base trop faible pour être tranché, le dernier sortait du périmètre mesuré. Ils ne figurent nulle part.

Ce que l’Indice ne dit pas

Un taux de citation n’est ni une part de marché, ni un jugement de qualité, ni une recommandation au consommateur.

L’Indice mesure ce que les IA répondent, pas pourquoi elles le répondent. Il constate des écarts, des mouvements, des concentrations — il n’établit pas leurs causes.

Enfin, il porte sur des marques nationales identifiables, interrogées par des questions générales. Il ne dit rien des recherches locales ni des marchés à acteurs innombrables.


Les classements des vingt-quatre secteurs sont consultables secteur par secteur dans l’Observatoire.

L’Observatoire GEO-LAB